25 octobre 2020

Il y a soixante ans, la mort d’Albert Camus

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Il y a soixante ans, la mort d’Albert Camus

Il y a 60 ans, le 4 janvier 1960, l’écrivain Albert Camus, décédait dans un accident de voiture sur une route nationale près de Champigny-sur-Yonne. Il rentrait vers Paris comme passager de la voiture Facel Vega conduite par l’éditeur Michel Gallimard, qui fut grièvement blessé avec sa femme Jeanne et sa fille Annie. La mort du Prix Nobel de littérature 1957 provoqua un choc dans le monde littéraire et bien au-delà.

 

« C’est une des plus grandes pertes qui pouvait atteindre les lettres françaises en ce moment. Les lettres françaises mais il faudrait dire : la France. Toute une génération a pris conscience d’elle-même et de ses problèmes à travers Camus. Le prix Nobel avait été donné au jeune maître de la jeune élite européenne. Et c’est toute la jeunesse qui le pleure en ce moment », réagissait François Mauriac dans les colonnes de La Dépêche.

Né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie, Albert Camus fut philosophe, romancier, dramaturge, essayiste. Journaliste engagé dans la Résistance à « Combat », il sera étroitement lié à Jean-Paul Sarte avant que les deux hommes ne se brouillent violemment au moment de la publication de « L’Homme révolté. »

Clairvoyance

Auteur de « L’Étranger », du « Mythe de Sisyphe », de « La Peste », Camus verra son œuvre lui survivre et surpasser celle de Sartre. Sa clairvoyance sur des événements qui allaient survenir (chute du Mur, effondrement du communisme), ou la publication-événement de son roman inachevé « Le Premier Homme » en 1994 montrent combien Camus, que Nicolas Sarkozy envisageait de faire entrer au Panthéon, est aujourd’hui une icône française.

À l’heure de célébrer les 60 ans de sa disparition, un texte inédit de trois feuillets, rédigé en 1943 dans la clandestinité, a été découvert dans les archives du général de Gaulle par l’historien Vincent Duclert. Dans ce texte intitulé « D’un intellectuel résistant », où transpirent l’angoisse et l’incertitude, Camus lance un appel pour le renouveau des élites, « car si la guerre tue les hommes, elle peut aussi tuer leurs idées avec eux ». « Une nation meurt parce que ses élites fondent » disait-il. Une leçon toujours d’actualité.

ladepeche.fr Philippe Rioux